Mylène Huyet-Hamel : présidente passionnée

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En septembre dernier, Mylène Huyet-Hamel est devenue présidente de la section Football. Une première pour une femme. Mais à 28 ans, cette psychologue de métier suit la section depuis son plus jeune âge, dans les traces de son père. Rencontre avec cette passionnée de foot.

Que représente le football pour vous ?

L’équipe ! J’aime cet esprit, le fait que l’on ne forme qu’un pour œuvrer à un but commun. C’est-à-dire que chaque joueur a un poste, des caractéristiques physiques et un caractère propre mais doit être à même d’aider ses coéquipiers. Comme une famille. Pour résumer, ce que j’aime dans ce sport c’est la solidarité.

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Vous jouez ?

En loisirs seulement. J’ai quelques soucis de genoux. Je n’ai jamais pu faire du sport en suivant les autres. Mais c’est un crève-cœur de ne pas pouvoir jouer plus.

Qu’est-ce qui fait du Cosma football un club à part ?

La convivialité entre les responsables, les dirigeants et les éducateurs qui partagent le même but et les mêmes valeurs. Celui d’être fier et de rendre fier de porter les couleurs du club. Ainsi que la bonne image qu’il véhicule, via ses adhérents.

Je sais que votre père (président de 2009 à 2010) a eu une place importante dans votre parcours. Pouvez-vous m’en parler un peu ?

Pour moi c’était le meilleur joueur ! Ce n’est donc pas plus mal de ne pas avoir joué (rires). Je me souviens encore de son dernier but, je devais avoir sept ans. Il m’a montrée le chemin sans jamais me forcer. J’avais le choix mais j’adore ça ! Petite il m’emmenait tous les dimanches pour les matchs. J’ai grandi avec son équipe. Ils sont un peu tous mes oncles et restent toujours à mes côtés. J’ai d’ailleurs d’abord été dirigeante des plus de 45 ans. Et petit à petit, j’ai eu envie d’avoir plus d’autonomie, jusqu’à ce que l’occasion de devenir présidente se présente. Mon père me suit encore aujourd’hui et reste proche du Cosma. Mais je suis dans mon élément, j’ai envie de lui dire « ne t’inquiète pas, je m’en occupe ».

Je souhaiterais ajouter que l’exemple que j’ai suivi est aussi celui de Gilles Breton. Il m’a connue enfant également et nous le regrettons tous. (Gilles Breton nous a quittés en 2008)

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« Je suis la petite frimousse en bas… « 

Comment avez-vous été accueillie lors de votre nomination et comment se sont déroulés vos débuts ?

J’ai été très bien accueillie, notamment car la plupart me connaissait. Au début, il faut une phase d’observation et de regard sur le club et les qualités humaines de chacun. Je suis toujours en rodage, car on ne se connait pas encore tous, entre les adhérents et moi. Mais cela a été chaleureux.

Un président, il en faut bien un mais il faut surtout la bonne équipe derrière ! Il y a des hauts et des bas comme dans toute équipe mais on reste soudé dans les décisions. Lorsqu’on est présidente on est beaucoup sollicité. Autant pour les mauvais côtés que les bonnes choses. Il faut donner de son temps et être à l’écoute pour gérer tous les problèmes. Mais les adhérents sont tout aussi contents, je l’espère (sourire), de voir les dirigeants à un match qu’en cas de conflit !

Vous êtes la première femme à ce poste. Est-ce que cela change quelque chose à votre travail ?

Non, Il faut surtout prouver que c’est le football que l’on aime, il n’y a pas de question de sexe là-dedans. On a les mêmes valeurs. Et puis je m’occupe aussi bien de la cuisine que du foot (rires). C’est une passion qu’on concilie avec le reste et mon mari est content, peu de femmes veulent regarder le foot à la télé…

Sérieusement, je pense que les femmes apportent plus de sensibilité, sont plus à l’écoute des maux de chacun. C’est une des clés de notre place dans un monde masculin. Et c’est une richesse d’être entourée par les enfants et d’avoir la confiance de leurs parents. À ces moments-là, je me dis que je suis bien à ma place.

On a l’habitude de dire que le milieu du football est machiste. Qu’en pensez-vous ?Mylène Huet-Hamel Texte 3_GF

Je ne l’ai jamais ressenti de mon côté parce que j’ai toujours été avec l’équipe. C’est un milieu accueillant où les femmes ont leur place. J’ai conscience de l’étonnement des autres dirigeants sur les compétitions mais ce n’est pas négatif. Je n’ai jamais eu de remarques désobligeantes.

Je pense néanmoins qu’un homme aurait été moins testé au départ. Il faut avoir du caractère pour être dirigeante et s’imposer dans un monde d’hommes. Mais j’adore ça ! Et puis c’est valorisant d’avoir sa place dans ce monde-là. Il est d’ailleurs en évolution, les femmes se font de plus en plus leur place et les hommes leur laissent.

Pouvez-vous dresser un bilan du club ?

L’écoute et le soutien entre les encadrants évoluent dans le bon sens. Je pense qu’ils avaient besoin d’une personne plus disponible et à l’écoute de leurs difficultés. Donc au niveau de l’esprit d’équipe, on est en évolution positive.

Cela devrait aider à obtenir de meilleurs résultats. Ce n’est pas qu’ils soient décevants mais ce n’est pas normal non plus de ne pas en avoir plus. Je pense qu’on devrait revoir le fonctionnement des entraînements tous ensemble, en étant plus exigeant sur le plan de l’assiduité. Que la possibilité de disputer un match soit revue au mérite et à la régularité. Et les capacités physiques étant la clé de la réussite, cette assiduité doit permettre de les développer.

Quel avenir voyez-vous pour le Cosma football ?

Le but est d’avoir de plus en plus d’adhérents. Pour cela il faudra élargir les compétences des éducateurs pour s’adapter à tous les publics et que les parents aient confiance en des encadrants de qualité. Pas uniquement par la formation mais aussi par la connaissance du jeu.

Il faut aussi élargir la discipline aux femmes. On envisage de créer une équipe féminine chez les adultes. C’est un projet qui me tient à cœur. Pour que la section évolue et soit à l’image que je voudrais lui donner, de tolérance et d’accueil. Comme je suis là, c’est le moment d’y réfléchir. Ce serait un beau symbole.

Et en dehors du foot, il faut maintenir et faire progresser nos projets sociaux-éducatifs. On organise régulièrement des journées découvertes, à la mer par exemple. Cela renforce le lien parents-encadrants-joueurs et entre les différentes catégories.

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Mylène Huyet-Hamel reçoit un prix au nom de la section en raison du nombre important d’adhérents

Quelle marque voulez-vous imprimer à la section ?

L’énergie ! Je leur répète souvent qu’il faut que l’on soit soudé et positif. J’ai une nature optimiste. Tout le monde fait des erreurs, il faut comprendre que c’est cela qui nous fait progresser. Il faut continuer sur notre lancée, aller de l’avant. On part heureusement avec de bonnes bases et une bonne ambiance.

Je souhaite aussi qu’ils soient combatifs. Je ne veux pas qu’ils baissent les bras face à un refus. Comme à l’entrainement, il faut toujours persévérer. Quand on perd le ballon, il faut courir pour le récupérer.

Mylène est également membre du comité directeur du Cosma (au côté d’Omar Benbouziane, son homologue de la section) et siège à la commission de discipline du district du Val-de-Marne.

Propos recueillis par Kevin Gouttegata

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